Dérogation exceptionnelle pour le CDF 2018

La FFVL vient d’octroyer une dérogation à un pilote pour participer au CDF 2018 alors que ce dernier n’a pas fait les manches sélectives en 2017. Comment pouvons nous analyser ce choix ?

Tout d’abord il n’est pas question de parler de personne et de remettre en cause l’argument du palmarès du pilote qui a justifié cette sélection. Cette décision de la FFVL doit être analysée sous un angle plus large.

La commission compétition a connu récemment quelques remous dont les manifestations visibles étaient là défection des pilotes à cause de la forme des manches régionales et de la disparition de la valeur des titres régionaux.

Il semble que la volonté de la FFVL de promouvoir des pilotes au niveau national avec les manches qualificatives sans restriction de région, va au delà du contexte national mais vise à promouvoir le CV français au niveau européen. Ainsi la FFVL aurait pour le pilote dérogataire des ambitions qui vont au delà du simple championnat national en lorgnant plutôt sur le championnat d’Europe. Pas sûr que cela plaise au nombreux pilotes qui boudent déjà le CDF.

Ensuite cette dérogation jette un peu de discrédit sur notre sport vis-à-vis du public. En effet même pour des raisons indépendantes de sa volonté une personne qui ne se présente pas à son entretien d’embauche laisse sa place à une autre même si l’autre est moins compétente. En soi même si les précautions prises par le communiqué insistent sur le caractère exceptionnel de la décision, elle n’aurait pas dû être prise. Pourquoi l’a-t-elle été ?

Un élément de réponse est à chercher dans la défection générale des pilotes pour le CDF. Par le passé au moment même de la tenue du CDF on cherchait des pilotes pour gonfler le rang des prétendants en lice…. Le nombre d’inscrits à Bray-dune n’est-il pas à la hauteur des espérances ? A vouloir viser une sphère internationale au détriment des régions le cerf-volant français ne s’assure pas plus de légitimité que ceux décriés qui font leur championnat du monde à eux.

La légitimité est un élément non pris en compte. La personne peut être très compétente mais nous ne sommes plus au moyen-âge, l’approche top-down est révolue. Dans notre monde hyper-connecté la légitimité ne se décrète pas entre spécialistes mais par la base. Citons pour l’exemple le cas de Steff FERMÉ pressenti par RevKite pour représenter le Club 38. Sa nomination avait soulevée quelques protestations car il n’avait pas le titre de Maître révolution. Du coup ce dernier même si il a un palmarès légitime, a refait les examens pour justifier de son rang aux yeux de tous, les anciens qui connaissent son palmarès et les autres.

Le monde du cerf-volant est actuellement très petit comme le montre les réactions provoquées par les initiatives jugées dissidentes comme Addict Kite ou le club 38. Pourtant le succès des celles-ci démontre bien ce que veulent les pilotes. Ces initiatives sont même de bonnes augures en montrant que d’autres voies sont possibles au delà du carcan établi. Le monde du cerf-volant francais est petit surtout si on le regarde avec des oeillères.

Rythme d’entrainement

Le cerf-volant pilotable en tant que pratique sportive n’échappe pas à la nécessité d’un programme d’entraînements surtout dans un objectif de compétition. Même dans une pratique purement loisirs, l’envie de progresser amène à s’interroger sur le meilleur moyen d’y parvenir.

La pratique du cerf-volant en France n’est cependant pas très académique et même dans son organisation sportive. Le cerf-volant est un sport-loisirs. Je vois souvent des pratiquants ne pas se donner les moyens de progresser car il faut y consacrer du temps. Il en résulte que les bons pilotes sont ceux qui sont doués. Pourtant avec de l’assiduité on peut progresser et développer sa capacité de pilotage.

Indoor

Ainsi dans ma pratique de l’indoor j’ai commencé par un rythme soutenu de 3 séances par semaine en me consacrant à chaque fois à consolider les bases au lieu d’apprendre de multiples choses. Le cours 4 lignes que j’ai mis en place à Cramayailes traite de la question en détail.

Actuellement je suis sur un objectif de rythme d’un entraînement par semaine avec beaucoup de période creuse car l’indoor est plus facile que l’extérieur puisque la variable vent est totalement maîtrisée.

Suivi des entraînements indoor

En me remettant un mois avant une échéance de compétition, j’arrive à reprendre mon niveau précédent.

Extérieur

Le cerf-volant en extérieur nécessite plus d’assiduité dans mon cas. Outres le fait de devoir apprendre à voler avec la variable vent, le cerf-volant Outdoor requiert plus de matériel. Au début quand on commence on ne dispose pas toujours de la panoplie SUL, Standard, semi-ventilé, ventilé. Cela a pour conséquence de limiter la plage de vent d’apprentissage et le nombre se séance ce qui conduit à allonger la durée de celles-ci.

J’étais dans ce cas de figure qui ne m’a pas permis de maîtriser toutes la plage de vent surtout en plage haute et l’allongement de la durée de chaque séance n’est pas idéale pour l’assimilation. Le cerveau apprend en dormant donc il vaut mieux 8 séance d’une heure que une séance de 8 heures.

Suivi entraînement outdoor

Actuellement mon objectif d’entraînement en Outdoor est de 3 séances hebdomadaires. Je dois rattraper mes lacunes. Nous ne sommes malheureusement pas tous égaux devant l’apprentissage. Certains auront besoins de moins de séances et d’autres plus. Mais l’expérience s’acquiert avec le temps donc multiplier les séances permet d’acquérir de l’expérience.

Assiduité et discipline

Pour celui qui désir se dépasser, l’accomplissement de toute activité doit se faire avec assiduité et discipline. Cela est encore plus vrai quand le temps est compté.

Une séance d’entraînement peut être optimisée en fonction de l’objectif. Si l’on dispose d’une heure pour voler, il faut être efficace et y consacrer réellement une heure. La répétition des exercices est un élément primordial. L’apprentissage étant fait de répétition il faut faire au moins 10 fois les exercices. Par exemple un virage sur la pointe est maîtrise si on le fait 10 fois de suite avec 10 sur 10.

La détente

L’entraînement ne doit pas faire oublier le plaisir de voler. J’aime terminer une séance par quelques minutes de vol libre afin de constater les progrès. Je découpe également la séance en portion de 20 minutes qui correspond pour moi à la limite de fatigue. Cette pause de 5 minutes max permet d’éliminer les tensions dans les poignées et les épaules.

Entraînement en sur-toilé

Cerf-volant Revo Barresi semi-ventilé à Draveil

Depuis quelque temps j’avais repérer ma manière de voler en sous-toilé et j’avais remarqué que cela était dommageable en compétition car en cas de chute de vent il faut plus d’effort pour tenir en l’air.

Sous-toilé ou sur-toilé

En entraînement voler en sous-toilé permet de progresser dans la mise en pression et dans les efforts de déplacement et je pense avoir atteint un palier dans mes capacités. De plus en ballet il faut parfois rattraper le tempo donc aller plus vite. En étant sous-toilé la tâche est ardue. C’est pourquoi je préfère en avoir sous le pied et voler en sur-toilé pour les ballets ou la compétition.

Sur-toilé : un pilotage différent

Je n’en ai néanmoins pas l’habitude et je me suis fais violence aujourd’hui à Draveil. Avec un vent de 16 à 20 mph je me suis retenu avec le semi-ventilé là où j’aurais bien pris le ventilé. Le contrôle nécessita un peu d’adaptation et 2 crans de plus sur l’échelle de noeuds. Je suis passé directement à la marche arrière qui permet de bien sentir le revo et après quelques dizaines de minutes le résultat fut assez satisfaisant.

En revanche le fait d’avoir ajouter du frein implique un contrôle plus vif pour donner des accélérations brèves. En effet dans un vent fort il faut certes lâcher plus de frein (2 noeuds à l’echelle) mais également vite freiner. Cela ouvre une nouvelle façon de piloter !

… surtout en vent fort

Pendant ce temps le soleil aidant la base de loisirs était prise d’assaut et parmi la foule: un petit delta, signe d’un vent fort.

De mon côté la séance fut consacrée à la maîtrise des motifs de mon ballet en sur-toilé. Bientôt une vidéo.

Une semaine avant l’indoor de Marle 2018

Affiche festival de cerf-volant en salle de Marle 2018

La France est le seul pays européen où se déroule encore un championnat de cerf-volant en salle. 2 clubs portent à bout de bras cette pratique: Cramayailes (77) et Cerf-vol-aisne (02).

La première manche du championnat de France 2018 c’est déroulée en décembre dernier à Moissy-cramayel . La 2nde manche (la finale) aura lieu dimanche 18 mars à Marle. Venez nombreux assister à cette compétition où vous pourrez voir différentes disciplines: monofil, 2 lignes et 4 lignes. Vous pourrez également vous y essayer.

Préparation d’un ballet de cerf-volant pilotable

Lorsque l’on fait du cerf-volant pilotable devant un public ou en compétition, l’évolution en musique ou ballet est une obligation que le cerf-voliste novice n’appréhende pas naturellement. Le ballet implique en effet un niveau de discipline superieur et une fibre artistique qui n’est pas donnée à tous.

Depuis un an je m’efforce en salle de préparer mes ballets avec une certaine méthode que j’applique depuis une semaine à la préparation du championnat de France outdoor. Cette méthode est assez systématique et se décompose en 5 étapes:

  1. inventaires des déplacements élémentaires et des motifs
  2. choix d’une musique
  3. placement des motifs principaux
  4. ajout des motifs de liaison
  5. Entraînement

Inventaires des motifs

Écrire un ballet est analogue à l’écriture d’un livre. Les mots sont les mouvements de bases ou motifs. L’écrivain doit connaître des mots donc le cerf-voliste doit connaître des motifs. C’est pourquoi en premier lieu il faut faire la liste de ce que l’on sait faire.

Choix de la musique

La liste des motifs guidera le choix de la musique. Ainsi des motifs avec de nombreux changements de directions seront plus adaptés à un tempo rapide et des motifs amples sans doute plus adaptés aux tempo lents. Souvent les refrains porteront les motifs clés du ballet c’est-à-dire les mouvements que nous allons obligatoirement placer dans le ballet car ils correspondent à ce que l’on pense être de plus spectaculaires ou artistiques à présenter.

Placement des motifs principaux

La musique étant choisi et les motifs clés en place sur les refrains, il faut placer les motifs principaux. Il s’agit de sélectionner parmi nos motifs ceux qui s’insèrent bien dans les éléments de la musique. Il s’agit par exemple du début de la musique ou de certains passages des couplets.

Il ne faut pas chercher à écrire le ballet de A à Z d’une traite mais placer les motifs principaux uniquement

Une erreur est de vouloir absoluement placer tout son catalogue de motifs dans un ballet. La musique que l’on a choisie n’est pas extensible et ne se prête peut être pas à tous les motifs. Il faut savoir ne pas mettre un motif mêmes si on l’aime bien si jamais il ne rentre pas dans les phrases musicales.

Ajout des motifs de liaisons

Les motifs principaux sont dispersés dans la fenêtre. Pour les enchaîner il va falloir déplacer le cerf-volant en utilisant des motifs de liaison. Il peut s’agir de motifs de son catalogue que l’on n’a pas encore choisis ou bien simplement de lignes droites !

Entraînement

La préparation du ballet se fait en situation pour le choix de la musique et le calage des motifs principaux. En effet c’est sur le terrain, en vol que l’on prend mieux en compte sa propre capacité à réaliser un motif sur un tempo donné. Même si on visualise mentalement un ballet en écoutant une musique, l’épreuve du vol à le dernier mot.

Une fois les motifs principaux et la musique choisie, les motifs de liaison sont en générales plus simples et ne poseront pas de difficulté de réalisation. On peut alors se contenter d’une écriture mentale ou sur papier avant d’aller vérifier en vol.

Ensuite quand tout est prêt ou presque (même si toutes les liaisons ne sont pas choisies) il faut répéter le ballet pour l’assimiler. Cela peut se faire en dehors du terrain en écoutant la musique et en visualisant mentalement le ballet. Personnelle cette préparation mentale me permet d’apprendre mon ballet pendant mes heures de transports quotidiens.

Ronde des vents 2018

Le club le vent de Bray-dunes organise son 5 festival intitulé La ronde des vents. Il se tiendra du 18 au 21 mai 2018.

Je suis allé à ce festival en 2015 et 2016. Cette année ce sera en tant que compétiteur car la FFVL a confié à Le vent de Bray-dunes le soin d’organiser le championnat de France de Cerf-volant accrobatique et ayant été sélectionné je vais m’y rendre en cette qualité. Ce sera pour moi l’aboutissement d’une année de préparation qui fut bénéfique en progrès de pilotage. La pression de la compétition ne durera que les 2 premiers jours pour laisser place à la détente les 2 jours suivants.

Les inscriptions pour tous les festivaliers sont ouvertes depuis aujourd’hui et jusqu’au 18 mars à cette adresse //inscription.larondedesvents.fr/

Règlement compétition indoor – Cramayailes

La FFVL a publié le nouveau règlement de la compétition Indoor. Le règlement datait de 2005 et a été mis à jour le 22 janvier. Articles similaires

Source : Règlement compétition indoor – Cramayailes

Rainy day

Le niveau 8 du club 38 doit se mériter. En effet si les stop et les slides ne sont à priori pas compliqués il faut néanmoins avoir de quoi faire des stop. La menace de la pluie n’allait pas m’arrêter.

Le vent annoncé à 5 mph avec des rafales à 17 ne fut hélas pas au rendez-vous. Je mesurais à  peine 3 mph et adieu les rafales. Je ne pouvais pas tenir le stop BA en haut en 2 plumes.

Finalement la séance se transforma en entraînement en petit vent. Rien ne se perd tout se transforme. 

L’enseignement de cette session c’est qu’en vent faible, l’humidité ou même une pluie fine annihile complètement mes efforts. Or en compétition je dois pouvoir voler à 4 km/h soit 2.5 mph. Ce n’est pas gagné et carrément hors de ma portée si c’est humide.  Vais-je devoir me faire un SUL 1.5 ?

C’est parti pour 2018

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Après une année 2017 consacrée aux sélections au CDF, je remets ça pour 2018. L’année écoulée fut riche en progression et en rencontre avec les cerf-volistes du circuit dans toutes les régions de France, comme avec la Paire Is’Air, et même du monde avec les italiens et John Barresi (USA) au festival de Marseille. La compétition amène un nouveau souffle à ma pratique mais le plaisir du vol reste le moteur principal, alors rendez-vous en 2018 sur les terrains !

Juste pour le plaisir… CC-BY-SA

Regardez “Manche sélective Nantes 2017” sur YouTube

Juste pour le plaisir… CC-BY-SA